Un preset Lightroom regroupe des paramètres prédéfinis (exposition, contraste, teintes, grain) tirés d'une photo de référence et les reporte en un simple clic sur d'autres images. Bien choisis, les presets font gagner un temps précieux sur une série de photos ; mal dosés, ils plaquent un effet identique sur tout un reportage. Trouver des presets gratuits, créer les vôtres, les utiliser pour un portrait ou un paysage dans le logiciel de développement RAW d'Adobe comme sur mobile : voici la méthode.
Mieux vaut peu de réglages testés. Un preset n'est qu'un point de départ : il s'applique puis s'ajuste photo par photo. Les packs gratuits sérieux existent, mais dix réglages testés valent mieux que cinq cents téléchargés au hasard. Le vrai gain vient des presets que vous créez vous-même à partir de vos meilleures images.
Ce que contient vraiment un preset
Un preset (ou préréglage, dans l'interface française d'Adobe) est une liste de valeurs : exposition, contraste, courbe de tonalité, balance des blancs, réglages TSL par couleur, étalonnage, grain, vignetage, netteté. Depuis Lightroom Classic 7.3 (2018), ces réglages sont stockés dans un fichier XMP, le même format que lit Camera Raw dans Photoshop. Les anciens fichiers .lrtemplate sont convertis automatiquement à l'import.
Le point à comprendre avant toute utilisation : un preset reporte des valeurs prédéfinies sur une image qui n'est pas celle sur laquelle il a été conçu. Une photo sous-exposée, prise en lumière froide, ne réagira pas comme le portrait en golden hour qui a servi de modèle. Voilà pourquoi une collection donne des résultats superbes sur les exemples du vendeur et décevants sur vos propres photos.
Les versions récentes ajoutent deux nuances utiles. Les presets adaptatifs d'Adobe détectent le ciel ou le sujet grâce à l'intelligence artificielle et n'agissent que sur la zone masquée. Et un curseur de dosage (Amount), arrivé en 2022, permet de doser un effet à 40 % plutôt que tout ou rien, ce qui corrige une bonne partie des traitements trop appuyés.
Où télécharger des presets Lightroom gratuits de confiance ?
Commencez par ce que vous avez déjà. Adobe livre dans le panneau Préréglages plusieurs collections classées par thème : portrait, paysage, voyage, noir et blanc, vintage, ainsi que des presets « Premium » conçus par des photographes invités. Ils sont gratuits pour les abonnés et bien construits, car pensés pour fonctionner sur des images très variées.
Viennent ensuite les sites spécialisés qui offrent gratuitement une petite sélection en échange d'une adresse e-mail (FilterGrade, thepresetsroom, les boutiques de photographes professionnels), et les photographes qui partagent gratuitement leur style signature sur leur blog ou Instagram comme vitrine de leur travail. Quelques règles pour trier :
- Vérifier le format : du XMP pour l'ordinateur, du DNG si l'offre vise l'application mobile.
- Lire les conditions d'utilisation : certains packs gratuits interdisent l'usage commercial des images retouchées.
- Refuser les exécutables : un preset n'est jamais un .exe ni un installeur ; une archive .zip contenant des XMP suffit.
- Tester avant d'adopter : appliquer chaque preset sur trois photos très différentes (sous-exposée, contre-jour, intérieur en lumière artificielle) et ne garder que ceux qui tiennent sur les trois.
Passez votre chemin devant les lots de plusieurs centaines de paramètres prédéfinis : la quantité ne garantit rien, et une bibliothèque pléthorique ralentit le choix au lieu de l'accélérer.
Importer et appliquer un preset dans Lightroom
Sur ordinateur
Dans Lightroom Classic, ouvrez le module Développement, cliquez sur le « + » du panneau Préréglages puis sur Importer des préréglages, et sélectionnez le .zip ou les XMP. Dans Lightroom (la version cloud), passez par le panneau Modifier, bouton Préréglages, menu « ... » puis Importer. Les presets apparaissent dans un groupe au nom de la collection.
L'application tient ensuite en un simple clic : survolez la liste pour prévisualiser l'effet sur la photo, cliquez pour l'appliquer. Pour une série, appliquez le preset à une image, sélectionnez les autres dans le film fixe et synchronisez les réglages, ou choisissez le preset directement dans la boîte d'import pour qu'il s'applique à l'arrivée des fichiers. C'est là que le gain de temps est réel dans un workflow de photographe qui livre des séries entières.
Sur mobile, iPhone et Android
Si vous êtes abonné, rien à faire : les presets importés sur ordinateur se synchronisent via Creative Cloud vers Lightroom Mobile. Sans abonnement, la méthode la plus fiable passe par une image DNG : on l'ouvre dans l'application, puis menu « ... », Créer un préréglage, ce qui enregistre les paramètres contenus dans l'image. Selon la version de l'application, un import direct de XMP est aussi disponible depuis le menu des préréglages. Le moteur de traitement étant commun à toutes les plateformes, le résultat est identique à celui du bureau.
| Format | Où il s'utilise | Import |
|---|---|---|
| XMP | Lightroom Classic, Lightroom cloud, Camera Raw | Panneau Préréglages, Importer |
| lrtemplate | Anciennes versions de Lightroom Classic | Converti en XMP à l'import |
| DNG | Application mobile, y compris gratuite | Ouvrir l'image, puis Créer un préréglage |
Créer vos propres presets, étape par étape
Créer un preset personnel est ce qui transforme une suite de retouches en identité visuelle. La méthode :
- Partir d'une photo réussie et représentative, pas d'une image exceptionnelle : le preset doit fonctionner sur vos prises de vue ordinaires.
- Développer entièrement l'image : tonalité, couleurs, détail, correction du profil d'objectif.
- Enregistrer via Développement, Nouveau préréglage (ou « ... », Créer un préréglage sur mobile) et le ranger dans un groupe à votre nom.
- Décocher ce qui dépend de la prise de vue : exposition, balance des blancs, recadrage, masques locaux et retouches ponctuelles. Ne garder que les couleurs, la courbe, le grain et les réglages qui font votre patte.
Une bonne organisation consiste à séparer deux familles. Un preset « de base », appliqué à l'import, qui corrige le profil d'objectif, réduit légèrement le bruit et pose une courbe douce. Puis des presets « de style », empilables, qui ne touchent qu'aux couleurs ou au contraste. On peut ainsi combiner une base neutre et une ambiance douce et chaleureuse sans que l'une écrase l'autre.
Pour aller plus loin, le masquage par IA permet d'enregistrer un preset qui éclaircit toujours le sujet ou assombrit toujours le ciel, quelle que soit la composition. C'est particulièrement utile en retouche portrait, où l'on veut adoucir la peau sans toucher au décor.
Choisir un preset selon le genre photographique
Les meilleurs presets ne sont pas universels : ils sont pensés pour un type de lumière. Quelques repères par genre.
Portrait : chercher des presets qui protègent les teintes chair (orange et rouge dans le panneau TSL) et évitent une saturation globale. Un effet film trop marqué rend vite la peau grise ou orangée.
Noir et blanc : un bon preset n'est pas une simple désaturation. Il règle le mélange des couches couleur pour décider quelles zones deviennent claires ou sombres. La conversion en noir et blanc gagne à partir d'un preset puis à ajuster ce mélange photo par photo.
Photographie de nuit : les presets de nuit refroidissent la balance, remontent les ombres et poussent la réduction du bruit. Ils ne rattrapent pas une image floue ; ils supposent une prise de vue soignée, comme expliqué dans notre article sur la photo de nuit sans flou ni bruit.
Photographie de rue et voyage : contraste marqué, couleurs légèrement désaturées, grain. Ce sont les presets qui supportent le mieux des images hétérogènes, ce qui explique leur succès.
Trois erreurs qui trahissent un preset
La première est de poser le preset à 100 % sans rien retoucher : un effet identique sur des images de lumières différentes donne une série incohérente, l'inverse du but recherché. Le curseur de dosage et un réajustement de l'exposition règlent la plupart des cas.
La deuxième est d'empiler plusieurs presets complets : le dernier appliqué écrase les réglages communs du précédent, et l'on ne sait plus ce qui produit l'esthétique finale. Mieux vaut des presets partiels, qui ne touchent chacun qu'une famille de réglages.
La troisième est d'oublier le temps de tri. Un preset accélère le traitement, il ne choisit pas les photos. Sur une série de mariage ou de reportage, l'essentiel du temps se gagne en éliminant les doublons avant d'appliquer quoi que ce soit.
Presets sur JPEG, sur mobile, payants ou partagés
Les presets fonctionnent-ils avec des JPEG ?
Ils s'appliquent aux JPEG comme aux fichiers RAW, mais la marge de correction est plus faible : un JPEG a déjà subi le traitement du boîtier, et une forte modification de balance ou d'exposition y fait apparaître des cassures de teinte.
Faut-il un abonnement pour utiliser des presets sur mobile ?
Non : l'application gratuite permet de créer un preset à partir d'un fichier DNG et de l'appliquer. L'abonnement ajoute la synchronisation automatique avec l'ordinateur et les outils avancés comme les masques.
Un preset acheté vaut-il mieux qu'un preset gratuit ?
Pas forcément. Le prix paie souvent le travail de test sur des images variées et une aide en cas de problème ; un pack gratuit issu d'un photographe sérieux peut être aussi solide. Le seul juge reste l'essai sur vos propres photos.
Comment partager mes presets avec un autre photographe ?
Clic droit sur le preset dans le panneau Préréglages, puis Exporter : Lightroom produit un fichier XMP que l'autre personne importe de la même manière.















