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Apprendre GIMP pas à pas : calques, sélections et retouche photo

Apprendre GIMP pas à pas : calques, sélections et retouche photo

Une heure suffit pour utiliser GIMP sans se perdre, à condition d'apprendre dans le bon ordre : espace de travail, calques, sélections, puis export. Ce tutoriel GIMP suit ce chemin sur une vraie image, outil par outil, avec les menus exacts de la version 3.0 du logiciel libre et gratuit.

Le socle
Les calques et le masque de calque : tout le reste s'appuie dessus.
Le geste le plus demandé
Détourer une image avec l'outil lasso ou la sélection de premier plan.
Le piège du débutant
Enregistrer donne un fichier .xcf ; pour un JPEG ou un PNG, il faut exporter.

GIMP, c'est quoi exactement ?

GIMP signifie GNU Image Manipulation Program. GIMP est un logiciel de retouche d'image libre et gratuit, développé par des bénévoles depuis 1996 et disponible sur Windows, macOS et Linux. On le présente souvent comme l'alternative à Photoshop : il couvre la retouche photo, le photomontage, le détourage, la création de visuels et une partie du dessin numérique, sans abonnement ni compte à créer. Photographes amateurs, étudiants en graphisme et petites structures l'utilisent pour des travaux qui ne justifient pas une licence payante. Pour le télécharger, passez uniquement par le site officiel gimp.org : les copies proposées sur d'autres sites proviennent de sources dont on ne connaît pas le contenu.

La version 3.0, publiée en mars 2025 après sept ans de développement, a changé plusieurs choses pour qui démarre : interface fondée sur GTK3 (plus nette sur les écrans haute définition), sélection de plusieurs calques à la fois, et surtout des filtres non destructifs, que l'on peut rouvrir et régler après coup au lieu de les appliquer définitivement. Les tutos écrits pour GIMP 2.10 restent utiles, mais certains menus ont bougé : ce guide suit la 3.0.

Ce qu'il ne fait pas bien : le développement des fichiers RAW (il délègue à un logiciel dédié) et la mise en page pour l'impression en CMJN, encore limitée. Pour situer GIMP parmi les autres outils sans licence, notre comparatif des logiciels de retouche photo gratuits le place face à Darktable, Krita et Photopea.

Prise en main : régler l'espace de travail

La première prise en main se joue sur l'espace de travail. À l'ouverture, GIMP affiche trois zones : la boîte à outils à gauche, le canevas au centre où s'affiche l'image, et les panneaux à droite (calques, canaux, chemins, historique). Si les panneaux flottent dans des fenêtres séparées, activez Fenêtres > Mode fenêtre unique : tout se regroupe dans une seule fenêtre, comme dans Photoshop.

Trois réglages font gagner du temps dès le premier jour :

  • Afficher les options d'outil (Fenêtres > Fenêtres ancrables > Options de l'outil) : chaque outil a ses réglages, et sans ce panneau on ne les voit pas.
  • Dégrouper la boîte à outils (Édition > Préférences > Interface > Boîte à outils) : depuis la version 2.10, les outils sont rangés par groupes et certains restent cachés derrière une icône.
  • Choisir un thème (Préférences > Interface > Thème) : le gris foncé fatigue moins l'œil sur les longues séances et fausse moins la perception des couleurs qu'un fond blanc.

Pour vérifier un alignement, l'affichage en grille (Affichage > Afficher la grille) et les guides tirés depuis les règles aident à placer un texte ou un horizon. Le zoom se pilote avec la molette et la touche Ctrl, le déplacement dans l'image avec la barre d'espace maintenue.

Ouvrir, créer et enregistrer un fichier

Pour ouvrir une photo, faites Fichier > Ouvrir, ou glissez le fichier sur la fenêtre. Pour créer une image vierge, Fichier > Nouvelle image demande une taille en pixels, une résolution et un fond (blanc, transparent, couleur de premier plan ou d'arrière-plan).

Vient ensuite le point qui déroute presque tous les débutants : Enregistrer (Ctrl+S) produit toujours un fichier .xcf, le format natif de GIMP, qui conserve les calques, les masques et les sélections. Pour obtenir un JPEG, un PNG ou un WebP à partager, il faut passer par Fichier > Exporter sous (Ctrl+Maj+E). Gardez les deux : le .xcf pour reprendre le projet plus tard, l'export pour l'utilisation finale.

Comment utiliser les calques dans GIMP ?

Un calque est une feuille transparente posée sur l'image : ce que vous peignez ou collez dessus ne touche pas la photo d'origine. C'est la base de toute retouche propre, et la notion à maîtriser avant les autres pour apprendre GIMP.

Créer et organiser ses calques

Pour ajouter un nouveau calque, utilisez Calque > Nouveau calque (Ctrl+Maj+N) ou l'icône en bas du panneau Calques. Donnez-lui un nom parlant (« ciel », « texte », « correction peau ») : sur un photomontage de vingt calques, c'est la seule façon de s'y retrouver. La gestion des calques passe ensuite par quelques gestes :

  • glisser un calque vers le haut ou le bas de la pile pour changer ce qui passe devant ;
  • cliquer sur l'œil pour le masquer sans le supprimer ;
  • régler l'opacité et le mode de fusion (Normal, Multiplier, Écran, Lumière douce) en haut du panneau ;
  • dupliquer un calque avant une retouche risquée, pour garder une copie intacte.

Le masque de calque, l'outil qui évite de gommer

Le masque de calque permet de cacher une partie de l'image sans l'effacer. Clic droit sur le calque, puis Ajouter un masque de calque, choisissez « Blanc (opacité totale) ». Ensuite, peindre en noir sur le masque cache la zone, peindre en blanc la fait revenir, et les gris donnent des transitions douces. Contrairement à la gomme, rien n'est perdu : une erreur se corrige en repeignant.

C'est l'outil de base du photomontage : pour fondre un ciel dans un paysage, on place le ciel sur un calque au-dessus, on ajoute un masque, puis on peint en noir avec un pinceau doux le long de l'horizon.

Les outils à connaître en premier

La boîte à outils de GIMP en compte plus de quarante, mais une dizaine suffit pour 90 % des retouches courantes. Le tableau ci-dessous donne chaque outil avec son raccourci clavier dans la version 3.0 et son usage principal.

OutilRaccourciÀ quoi il sert
Sélection rectangulaireRIsoler une partie de l'image aux bords droits
Sélection à main levée (lasso)FTracer un contour libre, point par point ou au trait
Sélection contiguë (baguette magique)USélectionner une zone de couleur uniforme, un ciel par exemple
DéplacementMBouger un calque ou une sélection
DécoupageMaj+CRecadrer, couper une image à la bonne proportion
PinceauPPeindre, et surtout peindre sur un masque
GommeMaj+EEffacer des pixels, sans retour possible une fois enregistré
CorrecteurHEffacer une poussière ou un bouton en respectant la texture
ClonageCRecopier une zone sur une autre pour masquer un objet
TexteTAjouter un titre ou une légende sur son propre calque

L'outil pinceau mérite qu'on s'y arrête : dans ses options, la dureté de la brosse, la taille et l'opacité changent tout. Pour un masque, une brosse douce à 50 % d'opacité donne des fondus naturels ; pour un détourage net, une brosse dure. La couleur de premier plan (le carré du haut, sous la boîte à outils) est celle qu'utilise le pinceau ; la touche X l'inverse avec celle d'arrière-plan, et D remet le noir et le blanc.

Comment détourer une image avec GIMP ?

Détourer une image, c'est séparer un sujet de son fond pour le poser ailleurs ou supprimer ce fond. GIMP propose trois méthodes selon la difficulté du contour.

  1. Contour simple, fond uni : la baguette magique (U) sélectionne le fond d'un clic gauche ; Sélection > Inverser (Ctrl+I) donne le sujet.
  2. Contour net mais complexe (un objet, un bâtiment) : l'outil lasso (F), en cliquant point par point le long du bord, ou l'outil Chemins (B) pour des courbes précises, converties ensuite en sélection.
  3. Cheveux, fourrure, bords flous : la sélection de premier plan. On entoure grossièrement le sujet, on peint dessus, et GIMP calcule la frontière.

Dans les trois cas, le résultat le plus propre ne vient pas d'un effacement : on transforme la sélection en masque de calque (Calque > Masque > Ajouter un masque de calque, option « Sélection »). Les défauts du bord se reprennent ensuite au pinceau sur le masque. Pensez à ajouter un canal alpha (Calque > Transparence > Ajouter un canal alpha) si l'image doit garder un fond transparent à l'export en PNG.

Redimensionner une image et changer son échelle

Pour redimensionner une image entière, ouvrez Image > Échelle et taille de l'image. Gardez la chaîne entre largeur et hauteur fermée pour conserver les proportions, entrez la nouvelle largeur en pixels, et choisissez l'interpolation : NoHalo ou LoHalo donnent les réductions les plus nettes. Pour un seul calque, c'est Calque > Échelle et taille du calque, ou l'outil Mise à l'échelle (Maj+S).

Deux confusions reviennent souvent. La résolution en ppp ne change rien à l'écran : elle ne sert qu'à l'impression. Et Image > Taille du canevas n'agrandit pas la photo, il ajoute de la surface autour. Pour couper une image à un format précis (1:1 pour un réseau social, 3:2 pour un tirage), l'outil Découpage avec l'option « Fixé : rapport d'aspect » est plus sûr. Agrandir une photo au-delà de sa taille d'origine dégrade toujours le rendu ; les limites réelles sont expliquées dans notre article pour redimensionner une photo sans perte visible.

Corriger les couleurs et la lumière

Le menu Couleurs rassemble les réglages de traitement d'image. Pour une photo terne, l'ordre efficace est le suivant :

  • Niveaux : rapprocher les curseurs noir et blanc des extrémités de l'histogramme pour retrouver du contraste ;
  • Courbes : une légère courbe en S assombrit les ombres et éclaircit les hautes lumières ; chaque canal (rouge, vert, bleu) se règle séparément pour corriger une dominante ;
  • Balance des couleurs : réchauffer ou refroidir séparément ombres, tons moyens et hautes lumières ;
  • Teinte-Saturation : modifier une seule couleur, le bleu d'un ciel ou le vert d'un feuillage, sans toucher au reste.

Depuis GIMP 3.0, ces réglages s'appliquent comme filtres non destructifs : une icône apparaît sur le calque, et un clic permet de rouvrir le filtre pour ajuster sa valeur. Sur une utilisation plus poussée, la technique des fréquences séparées (calque de texture et calque de teinte retouchés à part) lisse une peau sans effet plastique ; notre guide de la retouche portrait naturelle détaille la méthode.

Créer un photomontage simple

Un photomontage réunit plusieurs images dans une même composition. La méthode type pour un débutant, sur une partie de l'image à remplacer :

  1. Ouvrez la photo principale, puis Fichier > Ouvrir en tant que calques pour importer la seconde.
  2. Réduisez ce calque avec l'outil Mise à l'échelle et placez-le avec l'outil Déplacement.
  3. Ajoutez un masque de calque et peignez en noir ce qui doit disparaître.
  4. Harmonisez la lumière : Couleurs > Courbes sur le calque importé, jusqu'à ce que ses ombres ressemblent à celles du fond.
  5. Ajoutez une ombre portée si l'objet touche le sol : un calque en dessous, une forme noire floutée, opacité autour de 40 %.

C'est l'étape 4 qui distingue un montage crédible d'un collage : deux images prises sous des lumières différentes se trahissent toujours par la couleur des ombres.

Exporter pour le web ou l'impression

Une fois le travail fini, Fichier > Exporter sous permet de choisir le format par son extension. JPEG pour une photo destinée au web, avec une qualité entre 80 et 90 ; PNG si l'image contient une transparence ou du texte fin ; WebP pour un site, plus léger à qualité égale ; TIFF pour un labo d'impression. Cochez « Supprimer les métadonnées » si la photo porte des coordonnées GPS. Chaque usage a son format et ses réglages, que notre page pour choisir le bon format d'export photo passe en revue.

GIMP et les fichiers RAW

GIMP n'ouvre pas les fichiers RAW d'un appareil photo par lui-même : il transmet le fichier à un logiciel de développement installé à côté, Darktable ou RawTherapee. Au moment d'ouvrir un RAW, GIMP lance Darktable, vous développez la photo (exposition, balance des blancs, bruit), et à la fermeture l'image revient dans GIMP pour la retouche créative. Ce couple reproduit le flux Lightroom puis Photoshop sans coût de licence. Notre guide complet de Darktable explique la partie développement.

Comment apprendre GIMP plus vite ?

Pour progresser, un tuto GIMP suivi de bout en bout vaut mieux que dix tutos regardés à moitié. Quelques ressources gratuites et fiables :

  • la documentation officielle sur gimp.org, en français, avec ses tutoriels rapides pour débuter ;
  • les fenêtres de l'aide intégrée (F1 sur un outil ouvre sa page) ;
  • les forums de la communauté, où la plupart des questions de débutant ont déjà une réponse ;
  • les cours en vidéo gratuits et les formations en ligne, utiles pour voir le geste exact, à condition de vérifier qu'ils portent sur la version 3.0 (un cours tourné sur la 2.8 montre des menus qui n'existent plus) ;
  • les supports de cours en PDF de certaines universités et associations, pratiques à garder à côté de l'écran.

Un repère de méthode tiré de l'expérience : ne cherchez pas à connaître chaque fonctionnalité de ce logiciel puissant. Un photographe qui maîtrise les calques, les masques, les courbes et l'export couvre l'essentiel de ses besoins ; les filtres artistiques et les scripts viendront ensuite, sans formation particulière. Et prenez l'habitude de sauvegarder le fichier original à part avant toute retouche : Ctrl+Z permet d'annuler une action, pas de retrouver une photo écrasée par erreur.

L'angle que peu de tutoriels donnent : fixez-vous un exercice par notion, sur vos propres photos. Un recadrage et un export le premier jour, un détourage le deuxième, un masque de calque le troisième, un photomontage à la fin de la semaine. Ouvrez aussi le panneau Historique (Fenêtres > Fenêtres ancrables) : il liste chaque action et permet de revenir plusieurs étapes en arrière d'un clic, ce qui rend l'expérimentation sans risque. Pour qui oscille encore entre ce logiciel et l'outil d'Adobe, nos bases de Photoshop pour débutants montrent ce qui change d'une interface à l'autre.

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